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Recette : les Atriaux

www.chassenaturealpes.fr vous présente une recette d'atriaux de gibier selon le chef étoilé
 Stephane Decotterd :" Aujourd'hui je souhaite vous faire partager ma passion pour la cuisine et vous faire découvrir le microcosme autour d'un Restaurant Etoilé. Anecdotes, produits de saisons, recettes, bref les coulisses du Pont-de-Brent !"

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DE LA TERRE AU PALAIS

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Le bon choix du chien au poste

Source et remerciement : noschasses.fr

le chien parfait n’existe pas …c’est une certitude ! Il y a nombre d’excellents et quelques grands. Entre les deux, il y a une limite que seuls très peu sauront dépasser…

 

Tous les chiens sont bons…sinon leur maitre ne les emmèneraient pas, c’est une évidence. Il est également certain que bien des chasseurs se contentent de ne pas demander grand-chose à leur toutou. Ils en sont satisfaits, ce qui en fin de compte est le plus important. D’autres par contre, attendent de leur auxiliaire canin un travail de qualité que seule une éducation adaptée aux aptitudes naturelles de chaque individu permettra d’obtenir. On trouve des sujets exceptionnellement doués et des sujets médiocres dans toutes les races. Chacun de nous va choisir en fonction de ses gouts et suivant ses possibilités…vie en appartement ou accès au jardin, chenil, garage…l’opinion de Madame peut être. Celui qui est au marais huit jours par semaine s’orientera vraisemblablement vers un labrador ou un grand griffon tandis qu’un autre qui ne chasse que la grive préférera un cocker ou un petit breton. Le springer aussi est un chien très polyvalent. Mais tout cela reste une affaire personnelle.

CHOISIR LE BON ELEVAGE.

Une fois passé ce premier cap du choix de la race il va falloir trouver un élevage. Les choses vont commencer à se compliquer, surtout si vous n’avez pas sous la main un bon camarade passionné et connaisseur, car vous allez vous en rendre compte très vite, chaque éleveur, professionnel ou non, a cette intime conviction d’être tombé un jour dans le chaudron magique des secrets de la génétique. Et à chaque fois, la portée qui vient ou qui va naitre, est sans l’ombre d’un doute celle qui va enfin concrétiser toute cette somme de savoir, légitime héritage de l’expérience. Ceci étant, Il parait plus judicieux de s’adresser à un éleveur membre d’un club de race, surtout qu’en la matière il y a pléthore d’aigrefins qui ne manqueront pas de vous expliquer qu’un pédigrée ne sert à rien et que leur façon de voir les choses devrait servir de référence pour les manuels cynophiles. Donc il vaut mieux chercher votre chiot dans un élevage sérieux, professionnel ou amateur (au sens littéral du mot :celui qui aime) plutôt que faire confiance au hasard .A ce petit jeu on a autant de probabilités de décrocher la timbale que le gros lot à la loterie nationale .Tant qu’à titiller la chance, pourquoi ne pas récupérer chez votre voisin le fruit des mésaventures amoureuses de cette brave Mirza ,saillie par surprise au coin de la rue par le clébard de Monsieur Machin ,et de laquelle on voudrait bien garder un chiot…pour le lait. Bon courage ! Je vous le dis comme je le pense, le corniaud est une hérésie cynégétique ! Ces cabots là ont la plupart du temps le nez d’une pelle et le rappel d’un matou de gouttière. Bien sur il y a toujours l’exception pour confirmer la règle, on ne peut le nier .Il suffit d’ailleurs pour s’en administrer la preuve de se rendre au bistrot le plus proche et écouter narrer les exploits de Tartiflette, aujourd’hui décédée ,dont la réputation avait largement dépassé les frontières de notre hexagone, et dont l’heureux propriétaire refusait chaque semaine des chèques en millions pour le valeureux limier .Nous avons tous entendu ce genre de fariboles...Mais restons sérieux car le choix d’un chien est une affaire sérieuse. C’est l’embarquement pour une aventure qui va durer une douzaine d’années alors autant prendre quelques précautions. La première étant de préférer un élevage qui se préoccupe plus des qualités sur le terrain que de la sélection pour la « coloromanie »ou autre foutaise n’ayant aucun rapport avec la chasse. Tout ce qui est inutile à la chasse ne sert à rien ! Comment peut-on ne pas en être convaincu ? Laissons cela aux mémères à fanfreluches dans les expositions canines, qui ont toutes les peines du monde à assimiler que le jugement de la beauté n’est qu’une notion subjective et illusoire. Le fait est que la quasi-totalité des standards de race a été revue et corrigée plusieurs fois au cours des dernières décennies, cela veut tout dire ! Bien sur que si un chien est beau cela ne gâte rien, bien au contraire, mais cette sélection dictée par les inconditionnels du chien de « show » pénalise trop nos races de travail. L’éleveur craint que les chiots ne soient pas confirmés. Il ne veut prendre un tel risque et cela est bien compréhensible. Quant à ce discours utopique de faire du beau et bon chien il est bien facile de traverser la Manche pour constater que les Spaniels et autres Retrievers Britanniques ,qui ne sont sélectionnés que pour la beauté ou à contrario pour la chasse, comme s’il y avait deux races bien distinctes au sein d’une seule, ont en compétitions tels les « field trial » un niveau moyen très largement supérieur à ceux que l’on trouvent chez nous. Parce que les lignées de travail (gundogs) sont bien distinctes de celles d’expos, le résultat parle tout seul .Logiquement un chien de chasse est fait pour courir dans la nature, c’est là qu’il est beau, pas autour d’un ring. Pour en terminer avec la polémique je vous parlerai simplement de cet ami qui avait épousé une fille superbe. Mais elle n’aimait pas faire la cuisine et encore moins l’amour. Pensez vous qu’il avait fait une bonne affaire ? Et bien pour les chiens c’est la même chose. Un chien magnifique, avec beaucoup de style mais qui ne trouve pas de gibier est un trompe couillon…rien d’autre ! A fuir également comme la peste ces gens qui font naitre quatre portées à vendre pour les fêtes de Noel. Un chien n’est pas un jouet pour gosse capricieux. Tristes images que ces chenils SPA ou ces abandons au bord de la route des vacances. N’encourageons pas cela en donnant notre argent à ces usines à chiens .La valeur, l’importance, d’un élevage n’existent que par la qualité des produits et non par la quantité qu’il possède. Presque toujours un éleveur sérieux ne s’occupe que d’une race et c’est la raison pour laquelle il la connait parfaitement. Très souvent il présente ses chiens en concours de travail et ne craint pas d’être jugé par les autres, ce qui est moins amusant que l’inverse.

CHOIX D’UN CHIOT

Vous avez donc fini par trouver un éleveur dont le discours parait cohérent. Vous voulez un garçon ou une fille sachant qu’un male adulte lèvera la patte sur tout ce qui ne remue pas y compris les rosiers de belle maman, qu’une chienne est en chaleur deux fois par an et par conséquent indisponible trois semaines au moins une fois pendant la saison de chasse, à moins de la faire opérer. Le plus difficile est de se faire une idée précise du caractère d’un chiot âgé de huit ou dix semaines. Oubliez tout de suite la recette de votre grand-père préconisant à adopter le premier qui vient vous léchouiller les mains ou mordiller les chaussures. Selon moi le mieux est de faire confiance à la personne qui les a fait naitre et les observe depuis .Elle a eu le temps de repérer le timide et l’effronté, le plan-plan ou l’hypernerveux, le bagarreur, bien d’autres choses encore...Vous lui avez dit ce que vous comptiez faire de votre nouveau protégé : un chien de poste…un chien spécialisé au rapport. Il devra être dynamique mais sans nervosité, souple de caractère sans paraitre craintif. Un bon chien que l’on spécialise dans le travail du rapport doit avoir ces qualités naturelles que sont : le calme qui favorisera la sagesse au coup de feu ; des aptitudes physiques pour la vitesse qui est toujours appréciable, la persévérance, le nez. Et avant tout être joyeux, aimer faire plaisir à son maitre. Voilà du bon matériel à dresser, de la bonne matière première.

NOTIONS D’EDUCATION.

Bien des manuels ont été rédigés par des experts en dressage. Leurs auteurs se sont parfois contredits, certains ont préconisé des méthodes assez singulières …Une chose est vraie : Si un bon chien a souvent un bon entraineur, un bon entraineur a toujours un bon chien ! Il faut beaucoup de temps pour faire un homme d’un enfant. Idem avec les animaux, les battre ne sert à rien. La brutalité n’amène qu’à endurcir l’entêté ou brider les possibilités d’un sujet plus réservé. De plus un chien qui ne serait qu’un esclave docile ne procurerait à son maitre que de bien pauvres émotions. Du calme et de la patience…Commencer le plus tôt possible, dès que le petit connait son nom. Avancer pas à pas et parfois revenir en arrière si nécessaire. Des séquences d’éducation courtes, cinq à dix minutes, mais fréquentes, deux trois fois chaque jour. Récompenser par quelque gourmandise et flatter le plus possible. En partant de ces principes vous allez sans peine passer les étapes de la première éducation que sont le rappel, la marche au pied avec puis sans laisse, le assis puis le coucher à distance sur un seul geste de votre part. Plus tard tout cela sera bien utile sur le terrain mais permet surtout d’imprégner un mode de pensée à ce jeune chien. Petit à petit vous devenez un centre d’intérêt pour lui .Il commence à vous aimer et vous devenez son ami. Il a confiance en vous et cherche à vous faire plaisir…vous êtes tous les deux sur la bonne voie. Pour les exercices de rapport, privilégiez le coté ludique, vous allez très vite voir votre élève venir à vous en trimbalant tout ce qu’il peut ramasser. Il veut jouer et c’est le moment d’en profiter. Bientôt il ramènera sa balle et se mettra assis devant vous pour la donner dès qu’on lui demande. Varier la taille, le poids et la consistance des apportables, cela pour éviter le problème de la « dent dure ».Changez souvent aussi de terrain d’entrainement pour prévenir l’ennui qui pourrait naitre de la routine. Enfin il faudra l’habituer à rester sage quand vous lancez et attendre votre signal pour partir chercher. Bien insister sur ce dernier point en augmentant les distances et le temps d’immobilisation. Le jeune apprend ainsi à mémoriser le point de chute ce qui est primordial pour le travail au poste. Un chien avec cette qualité de « marking » est un chien efficace. C’est une prédisposition que seul le travail va faire éclore puis épanouir. Un chien chez lequel on eu soin de développer cette faculté, prendra de l’assurance et saura retrouver un oiseau tombé loin de vous avec une facilité étonnante. S’il est sage aux coups de fusil vous le laisserez se placer comme il sait être à son avantage pour voir tout ce qui se passe. Vous pourrez alors dire qu’il est Bon. Si, après avoir trouvé le canard ou la palombe, il revient aussi rapidement qu’il est parti, c'est-à-dire le plus vite possible, vous saurez que c’est un Excellent et pourrez être très fier de lui et un peu de vous. « Montre moi ton chien…je te dirai quel chasseur tu es. »

LE CHIEN PARFAIT

Le chien parfait n’existe pas …c’est une certitude ! Il y a nombre d’excellents et quelques grands .Entre les deux, il y a une limite que seuls très peu sauront dépasser… comme une borne invisible .Différentes pour chacun, les bornes s’échelonnent sur la voie des valeurs .La dernière marque l’infranchissable frontière entre le bon et le grand chien .C’est dommage, mais sans appel ! Certains hommes ont la chance de posséder deux ou trois « grandes pointures » dans leur vie, d’autres jamais… C’est ainsi et cela ne s’explique pas. Malgré ce il est aux quatre coins de France des chasseurs dignes de ce nom qui ne peuvent concevoir de laisser sur le terrain un gibier mort ou blessé. Question de mentalité et aussi de respect pour ces oiseaux que l’on tire .Pour cela ils ont des chiens et ils les aiment. Pour cela ils acceptent de sacrifier bien des choses, parfois même au-delà de la raison. Mais le chien sait rendre au centuple. Et celui qui ne connait pas le plaisir, au soir d’une belle journée, de caresser la tête de son fidèle compagnon et, de recevoir le petit coup de nez destiné à ramener la main si le geste s’arrête, celui là ne connait pas le chien. Tout comme celui qui n’a pas vécu ces instants au fond d’un marais , l’oreille tendue vers la quête d’un grand labrador parti dans la nuit d’hiver à la recherche d’un oiseau mal touché, pour, un long moment plus tard, l’entendre revenir et déposer avec fierté dans la main de son maitre un beau male de pilet en plumage de noces ….Celui là ne sait pas non plus ce qu’est la chasse.

Benjamin Basset

 

Source et remerciement : noschasses.fr